Foire aux questions

     A quoi ressemble un projet d’habitat participatif ?

Ces projets sont surtout caractérisés par leur grand diversité (de taille, d’architecture, d’implantation,…), fruit de la diversité des envies des personnes qui les portent.

C’est d’ailleurs ce qui les distingue des formes d’habitat « standard » proposées par les professionnels (promoteurs, lotisseurs, …).

On peut cependant souligner que ces projets s’orientent presque systématiquement vers des solutions de construction écologiques et respectueuses de leur environnement.

           Quelles différences entre habitat participatif et « oasis » ?

Les « oasis » sont une appellation créée par le mouvement Colibris ( https://www.colibris-lemouvement.org/projets/projet-oasis ) afin d’identifier et de connecter des projets aux valeurs proches de celles partagées par de nombreux projets d’habitat participatif :

-          créer des lieux de vie dans lesquels le « collectif » est envisagé comme une richesse,

-          explorer de nouvelles façons de « faire ensemble »,

-          remettre les individus au cœur des projets,

-          mutualiser des espaces et des ressources,

-          contribuer à une société plus écologique et citoyenne.

Mais ils ont la spécificité de devoir adhérer à uns sorte de charte, constituée de 5 principes fondamentaux :

-          agriculture et autonomie alimentaire

-          éco-construction et sobriété énergétique

-          mutualisation

-          gouvernance respectueuse

-          accueil et l’ouverture sur le monde.

Tout groupe rassemblé autour d’un projet d’habitat participatif qui se retrouve sur ces valeurs, peut choisir d’adhérer au réseau des « Oasis ».

Preuve de la proximité entre habitat participatif et oasis, une carte nationale a été créée conjointement par la Coordin’action (association nationale regroupant les structures associatives qui oeuvrent au développement de l’habitat participatif) et par Colibris, pour recenser l’ensemble des projets d’habitat participatif et oasis : http://www.habitatparticipatif.eu/coordinaction-colibris-outil-commun-lhabitat-participatif/  

 

     Quelles formes juridiques sont possibles pour un projet d’habitat participatif ?

De nombreuses formes juridiques sont possibles pour monter un habitat participatif :  des formes « historiques » (Société Civile Immobilière, Société Civile Immobilière d’Attribution, copropriété) aux formes plus innovantes introduites par la loi ALUR en 2014 (Société d’autopromotion et Coopérative d’habitants), en passant par des formes mixtes.

Le choix de cette forme dépend des valeurs et mode de fonctionnement que le collectif se choisi.

Il est important de garder en tête que ce montage juridique n’est qu’un moyen pour réaliser le cadre de vie imaginé, non une fin : l’innovation est contrainte dans ce domaine et l’essentiel reste le vivre ensemble.

 

     Quel moyen faut-il pour participer à un projet ?

Le coût de construction dans l’habitat participatif est le même que pour une construction classique, mais ces projets permettent d’économiser le coût des intermédiaires (marges du promoteur, coût de commercialisation, …) et la mutualisation d’espaces, d’équipements, de services est un facteur d’économies individuelles. Ainsi, à prix égal, l’habitat participatif permet le plus souvent d’obtenir un habitat de bien meilleure qualité que dans une filière « classique ». Les économies à l’usage peuvent aussi être substantielles.

Cependant, les exigences de qualité des groupes étant souvent élevées, cela n’est pas forcément le moyen d’accéder à un logement à moindre coût. Pour cela, il faut baisser le coût de construction : la solution est alors une auto-construction partielle ou entière. C’est le choix fait par exemple, pour le Hameau du Claux, un projet en cours de construction du côté de Lodève (http://www.ecohameauduclaux.com).

Il faut cependant bien soupeser les contraintes d’un tel choix qui demande des connaissances techniques (ou un temps d’apprentissage pour les acquérir), de la disponibilité, et qui implique un temps de chantier souvent bien plus long que pour un chantier mené par les entreprises.

Enfin, le développement de l’habitat participatif permet aujourd’hui d’envisager d’en être habitant en tant que locataire au sein de projets :

-       accompagné par un bailleur social (structure qui a un agrément pour construire les logements sociaux), comme dans le projet MasCobado à Montpellier ( https://www.facebook.com/mascobadomontpellier )

-       ou initié par des personnes ayant les moyens et la volonté de créer un projet de mixité sociale  (comme dans les projets Terra de Luz ou Utopia).

Dans ces opérations, les locataires sont généralement associés depuis le début à la conception du projet, au même titre que les propriétaires.

 

     Comment les collectivités peuvent-elles soutenir ces projets :

Certaines collectivités apportent un véritable soutien au développement de l’habitat participatif sur leur territoire.

On peu bien sûr citer l’agglomération du Grand Narbonne, qui a inscrit l’habitat participatif dans son Plan Local de l'Habitat et a financé des études de faisabilité et cet appel à manifestation d’intérêt (AMI), afin de contribuer à ce que des projets concrets émergent, en mobilisant les communes de son agglomération et les citoyens.

Par ailleurs, un Réseau National des Collectivités pour l’Habitat Participatif a été créé en 2011 et aide les collectivités intéressées à soutenir l’émergence de projets sur leur territoire.

Ceci dit, le soutien apporté par ces collectivités est rarement un soutien financier direct à un groupe. Il s’agit plutôt de la réservation de foncier (qui reste payant), du financement d’ateliers de sensibilisation ou de formation, voir du financement partiel d’un accompagnement professionnel.

 

     Comment l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) lancé par le Grand Narbonne va pouvoir déboucher sur la création de groupes ?

Comment les personnes intéressées vont pouvoir se retrouver ?

3 voies ont été imaginées pour faciliter la mise en lien entre personnes intéressées au cours des 5 mois que durera l’AMI et par la suite :

o         Les rencontres physiques :

Les réunions que nous organisons ont pour objectifs, en plus de développer la connaissance du public sur ce type de projet, de créer des opportunités de rencontres et d’échanges entre personnes intéressées par un projet sur le territoire.

Les journées « Rencontres » en particulier (la prochaine sur lieu le 30 septembre Gruissan), seront l’occasion d’échanges entre participants souhaitant s’impliquer dans un projet concret et sont destinées à voir si une vision commune abouti à la création de liens entre certains participants et à l’émergence de groupe.

o         Les outils numériques : le Grand Narbonne et Hab-Fab sont en cours d’étude pour lancer une plateforme sur internet, qui serait destinée à la mise en lien entre participants souhaitant répondre à  l’AMI.

o         L’AMI aboutira à la possibilité, pour des groupes constitués ou en cours de constitution,  de poser une candidature pour accéder à des « fonciers » identifiés (terrains ou immeubles). La préparation de cette candidature sera l’occasion, pour ces groupes, de réfléchir ensemble aux valeurs et envies qui les rassemblent et formeront la base de leur projet.